Récemment je m’étonnais du mutisme des webdesigners en réponse à l’appel à orateurs de Parisweb. J’ai eu le droit à bon nombre de réponses dont quelques unes qui à défaut d’être dotées d’intelligence avaient au moins l’intérêt de soulever des questions …
L’appel à orateurs de cette année est du pain béni pour les webdesigners, l’occasion de s’exprimer, d’imposer des points de vue à toute la communauté web francophone, etc.
Voici donc l’opportunité inouïe pour chacun d’être l’architecte d’un univers sans limite.
Ainsi, que notre principal outil soit le design, le code ou la gestion de projet, nous pouvons chacun façonner un web répondant toujours plus à nos attentes et à celles de nos clients.
Tout d’abord Parisweb c’est quoi ?
Parisweb c’est une asso de la loi de 1901 (je dis ça pour ceux qui croient encore que c’est une boîte qui fait du blé). Parisweb c’est entre 10 et 15 bénévoles (== pas payés, oui vous lisez bien) et ça dure depuis maintenant 7 ans. À la base c’était 3 membres fondateurs mais si le nombre a un peu grandi, la volonté est restée la même et est clairement inscrite sur le site :
Son but est de promouvoir le développement web de qualité (standards, normes, accessibilité, ergonomie et méthodes de conception).
Le but de Parisweb c’est donc de parler de web, de bon web (entendez par là « de qualité ») et surtout de tous les aspects du web. Vous comprenez mon embarras…
Petit rappel sur mon parcours :
J’officie comme webdesigner depuis un paquet d’années maintenant (plus de 10 ans, wouah). J’ai commencé dans l’intégration (HTML, PHP, etc.) et puis j’ai migré dans le webdesign parce que d’une part je me suis bien rendue compte que je n’étais pas une bonne intégratrice et en plus j’ai toujours eu des appétences artistiques. Le webdesign fut donc une grande opportunité de joindre un savoir à une pratique. Bien que mon activité actuelle soit la direction artistique web, je n’ai pas pour autant renié mes origines : je reste au contact avec les intés, les dévs et bien sûr et surtout les webdesigners et les graphistes (oui je fais le distingo entre les 2, c’est super important, j’y reviendrai dans un prochain article). En résumé, je me sens un peu comme Spock avec 2 sangs dans mes veines . Depuis 2 ans, je suis staffeuse Parisweb, j’en parle un peu plus dans cet article là. Lors de l’édition 2010, j’avais fait une petite conf sur le cerveau dans les métiers du web.
Maintenant qu’on a tous les éléments en main, c’est parti pour un passage en revue de différentes remarques reçues.
« Parisweb s’en branle des webdesigners »
Au delà de la poésie de cette remarque qui n’a d’égale que l’intelligence de son auteur, je dois admettre que j’ai, dans la substance, plus ou moins déjà entendu ça plusieurs fois. Le souci c’est que quand je demande « pourquoi ? » on me répond « parce que c’est qu’on m’a dit » (à l’exception d’une personne qui m’a assuré avoir des arguments depuis 2 ans mais qui ne m’en cite aucun). Cas de figure typique du trollisme en milieu graphique. Si on vous l’a dit, prenez le pour vrai, n’allez pas chercher plus loin.
Si malgré tout vous avez décidé d’avoir un esprit critique, je vous invite à réfléchir quelques minutes et à vous demander à la chose suivante : si Parisweb veut parler du web alors il est clairement dans son intérêt d’avoir des webdesigners. Non ? Franchement quel serait l’intérêt de se retrouver entre intés et dévs ? Ça on peut le faire lors d’un ParisJS ou d’une conf sur Ruby ou Java ou même soyons fous à la machine à café.
En 3 ans de Parisweb, pas une édition où je n’ai entendu quelqu’un me dire « hey toi qui est dans le webdesign, on aurait besoin de ton avis ». Et oui à Parisweb, y a des gens qui ont envie d’entendre les webdesigners : les visiteurs !
Bref y a comme qui dirait un joli tapis rouge qui est déroulé à l’entrée pour les webdesigners et peu sont ceux qui le foulent chaque année. À la longue, certains perçoivent ça comme du snobisme et ça ne fait qu’enrichir le clivage développeurs vs designers auquel on assiste depuis des années.
« Parisweb est antiflash »
Et on a un autel où on brûle des licences de Flash et on fouette des flasheurs avec des barbelés rouillés et des orties bien fraîches à la pause déjeuner. Sérieusement, il serait temps d’arrêter le bullshit, non ? Cette rumeur est partie des propos trollesques tenus par un -et un seul- orateur lors d’un atelier en 2009. Ok un orateur a donné son opinion. Quid de tous les autres ?
En tant que personne tolérante, je tolère les intolérants surtout lorsqu’ils sont déguisés en troll. Se focaliser sur la remarque sans fondement d’une personne c’est so XVIème siècle Si je vous dis que les extra-terrestres sont parmis nous depuis des années et déguisés en nain de jardin, vous allez me croire ou bien ? Je comprends qu’on puisse être susceptible dès qu’il s’agit de son métier (souvenez vous, on parle aussi du mien alors je suis bien placée pour comprendre) mais des détracteurs j’en ai vu un paquet tout au long de ma carrière et j’ai toujours eu la même ligne de conduite : plutôt que de me planquer et de leur donner raison, je me montrais et les défonçais en leur montrant de quoi j’étais capable. Ce genre de démonstration c’est bon pour soi mais aussi bon pour la personne en face, car dans chaque troll il y a un ignorant qui sommeille et qui ne demande qu’à être instruit.
« Parisweb c’est pour les techos »
Je suis triste quand je lis ça. En fait la question c’est de savoir qui de l’œuf ou de la poule. Oui Parisweb a commencé avec beaucoup de sujets techniques et jusqu’à il y a 2 ans de cela c’était dur de remuer les foules avec les sujets design notamment parce qu’il y en a avait pas de proposés. On ne peut certainement pas dire que les sujets design ne trouvent pas de public : ce sont ceux qui remplissent le plus les amphis. Je me souviens de la conf de Francis Chouquet en 2010 où nous étions assis parterre et les certains sur les genoux des autres pour pouvoir quand même tenir dans la salle. En 2010 et 2011, David Rault, typographe et directeur de collection aux éditions Perrousseaux (oui je vous parle de print, voyez comme Parisweb a les idées larges), est venu animer des confs. En 2011, Denise Jacobs aurait pu parler CSS, son violon d’Ingres mais non la divine Denise nous a parlé créativité. En 2011, Jérémie Patonnier est venu -entre autres – nous parler typographie dans le navigateur (si vous n’avez jamais été confronté à la problématique du rendu des typos dans les différents navigateurs, je vous envie) et aussi nous présenter le format SVG et ses incroyables capacités. En 2010, Anne-Sophie Fradier nous a parlé typographie sur le web, un succès tel que le livre sur le sujet qui est sorti début avril est sold out un peu partout. Même aux ateliers, les sujets liés au design et au prototypage trouvent un public : on assiste à des salles blindées de monde avec des gens dans le couloir qui restent debout pendant 2h pour ne pas en louper une miette.
Alors oui, pour 1 conf design, on a environ 4 conf tech. Ce n’est pas la volonté de Parisweb mais voila on reçoit extrêmement peu de sujet de conf design. Nous avons un fonctionnement clair : on ne va pas chercher les orateurs (pas parce qu’on est des connards mais parce qu’on est des particuliers bénévoles et qu’on a pas énormément de temps pour faire du démarchage), chacun doit répondre à un appel à orateurs. En proportion, un sujet design de par sa rareté a plus de chance d’être retenu qu’un sujet technique.
J’aime pas qu’on dise que Parisweb c’est pour les techos parce que je trouve que ça nous remet dans le vieux clivage développeurs vs designers. En 2010, j’avais donné une mini conf sur le cerveau dans les métiers du web où j’expliquais que chacun avait un fonctionnement différent et que donc en gros c’était pas pour faire chier mais que chacun avait raison, à sa façon. En 2012, les problématiques du processus de création et conception sont telles que ce clivage est une abomination. Un webdesigner ne peut plus travailler sans être en binôme avec un dév et réciproquement. Regardez dans toutes les boîtes où ça marche (Facebook, Soundcloud, etc.) le process fonctionne toujours sur une collaboration étroite entre les 2. Je ne dis pas que c’est facile tous les jours, je dis juste qu’il vaut mieux faire des petits pas ensemble que des grands pas chacun de son côté si on ne veut pas creuser l’écart et foutre une partie de son taff à la poubelle le jour de la présentation client.
« Donner une conf, ça sert à rien »
Alors quand je lis ça, je pouffe, je ris, je m’étouffe avec mes Chocapic ! Je ne connais pas un seul orateur à Parisweb qui n’aie pas eu de retours parfois incroyables sur sa conf. Prenons l’exemple d’Anne-Sophie Fradier : en 2010, cette traductrice passionnée de typographie et de web propose une conf sur la Typographie sur le web, le succès est tel qu’on lui propose d’écrire un livre sur le sujet (et pas dans une petite maison d’édition puisqu’il s’agit des éditions …), livre dont on en connait le succès puisque j’en parlais juste au-dessus et dans la foulée le site Tyographisme se créée.
Je cite l’exemple d’Anne-Sophie parce que je l’ai vécu de près mais des échos super positifs d’anciens orateurs on en entend sans arrêt.
Dans un milieu où on peine parfois pour se faire entendre, donner une conf, c’est se retrouver doté d’un porte voix pendant non pas 1h mais des jours, des semaines, des mois, etc. En effet, les confs sont vues par le public de Parisweb, par les internautes via le streaming et puis aussi par les visiteurs ultérieurs via les vidéos.
Les vidéos de conf sont un argument visuel imparable. Quand je veux expliquer un truc à quelqu’un qui semble peu enclin à aller dans mon sens, je le redirige vers la vidéo ad hoc et bon merde ça en jette quoi (cette technique a un taux de réussite de 100% , vous devriez essayer).
Enfin, je vais vous donner un petit argument stratégique : Parisweb c’est bon pour le networking. Pourquoi aller là où tous les autres seront, soyez là où on ne vous attend pas, soyez rares mais soyez là ! (1) Parisweb est un événement professionnel, c’est l’opportunité de faire des connaissances, d’échanger des cartes de visite, de se montrer etc. Je sais que c’est dur de faire du réseautage, moi même qui suis une grande timide (à un dégré maladif) je ne vais pas dire le contraire mais Parisweb est un petit événement et on se démène pour qu’il reste ainsi car c’est sa petite taille qui permet la proximité entre les orateurs et les auditeurs et ça, msieurs dames, c’est capital pour l’échange des idées.
« Il faut s’adapter à Parisweb »
Stop stop stop ! Non surtout pas !
Parisweb c’est pas un truc figé, c’est pas un mammouth difficile à bouger. Parisweb se veut être le reflet du web. C’est pour ça que chaque édition de Parisweb est si différente. La seule chose qu’on peut garantir c’est qu’on fait de notre mieux pour vous apporter des confs de qualité (dans un environnement ma foi pas dégueulasse), les confs qui seront là elles dépendent du web et le web n’est pas un truc qu’on mettra en bocal de sitôt.
Si j’ai un conseil à vous donner c’est soyez vous-même. Ne changez rien, ne lâchez rien !
« J’ai rien à dire sur mon métier »
Voila une phrase que j’ai beaucoup entendue. Je l’ai ptet moi-même souvent dite. Finalement, je me rends compte que quand on m’invite à parler sur mon métier, sur des cas de figure, sur des choix cruciaux, etc. je me transforme vite en militante du bon design. Cette réflexion est très française et j’ai pu voir lors de mes différentes expériences à l’étranger que les webdesigners quelques soient les responsabilités qui leur étaient confiées, savaient faire feu de tout bois et rendre leur mission capitale aux yeux de leur auditoire.
À qui la faute ? Je pense qu’il y a 2 facteurs essentiels qui en sont la cause :
1 : notre éducation scolaire n’encourage pas à la prise de parole et à la joute verbale
2 : notre profession se situe encore trop souvent plus dans l’exhibition d’image que dans la démonstration à coup d’arguments sociologiques, psychologiques, techniques etc.
Dans le milieu professionnel, ça résume par la faible crédibilité du webdesigner, trop souvent connoté comme le mec au tshirt Helvetica et grosses lunettes qui parle aux anges -cliché.
Comment je trouve des trucs à dire sur mon métier ? Bonne question
Une seule réponse : je prends du recul ! Il y a quelques années j’ai entrepris une démarche de VAE, pour ça je devais retracer toute mon activité professionnelle en expliquant de façon très tatillonne le déroulement de mes journées. Cette activité rédactionnelle à l’intérêt aussi conséquent que la mise en page d’un ticket de caisse a eu un effet secondaire incroyable : la prise de recul. Alors je ne vous invite pas à vous taper 100 pages de « mon boulot et moi même » mais prenez simplement quelques minutes ou quelques heures (si vous pouvez vous offrir ce luxe, je vous en conjure, faîtes le) pour vous poser les questions suivantes :
- qu’est-ce qui me caractérise dans mon activité ?
– qu’est-ce qui différencie mon processus créatif des autres ?
– comment me définierais-je ?
Bien souvent la meilleure moëlle d’une conf c’est nous même. Partons donc de ce que nous connaissons le mieux et faisons connaissance avec notre public.
« J’aurais bien quelque chose mais je ne suis pas prêt »
Alors là il va falloir définir « pas prêt ». Ce qui est demandé lors de l’appel à orateurs ce n’est pas vos slides, etc. tout ce qu’on demande c’est une ébauche de sujet (un truc pas trop vaste mais pas besoin de savoir ce que vous allez dire chaque minute). On a juste besoin d’être appâté. Allez-y draguez-nous, faîtes-nous rêver mais surtout faîtes-vous plaisir !
Pour ce qui est d’être prêt le jour J, pas de panique. Parisweb se tient en octobre (18-20 octobre, notez le) et d’ici là vous pourrez bien consacrer minimum 5min par jour à votre sujet (5min par jour x 150 jours = beaucoup de temps). Si parfois vous avez des doutes, figurez-vous qu’on a un petit groupe au sein du staff qui s’occupe exclusivement des orateurs et les bichonnent alors admettez qu’on pense à (presque) tout !
En conclusion
Bien sûr le but de tout cet article est de convaincre des webdesigners de proposer un sujet à Parisweb. Cependant, je sais d’avance qu’on ne va pas recevoir 200 papiers en plus dans la semaine. Au delà de Parisweb j’aimerais faire un appel du pied aux webdesigners : prenez du recul sur votre métier et sa pratique, soyez fiers, soyez critiques, soyez présents ! À trop briller par notre absence, on se fait trop souvent effacer du tableau. Le web ne se fera pas sans nous, il est temps de se montrer et d’être indispensable dans la prise de décision mais aussi dans les évolutions à venir.
Le Pergamon Museum est un musée berlinois assez surprenant.
Il regroupe un grand (incroyable ?) nombre de pièces issus de moultes civilisations parfois disparues et, pour mon plus grand plaisir, lointaines.
C’est donc une mosaïque de civilisations qu’on parcourt pendant des heures.
La vraie différence avec les musées traditionnels c’est que bon nombre de pièces sont monumentales : et vasy que je te fous des mètres et des mètres de murs de l’ancienne Babylone, ici un intérieur perse, oh pis tiens là je vais poser l’ancienne place d’un marché de la Grèce Antique, etc.
Le plus fou c’est que chaque pièce est d’époque, parfaitement conservée et parfaitement absente de son pays d’origine telle la pièce manquante d’un patrimoine vidé de son essence. Bref j’oscille encore entre émerveillement et révolte.
Photos faites avec Canon AE1
Chez Etsy France, ils savent mettre les petits plats dans les grands et motiver les vendeurs français à traduire leur boutique en français. Et oui traduire votre boutique en français peut vous permettre de partir à New-York, rien que ça !
Bon ben moi je file préparer ma valise !
Bon je sais, il fait froid, tout ça tout ça mais il fait bien bon dans mon bureau et je couds bien au chaud rêvant tranquillement du printemps ^___^
Allez hop trêve de galligeades : j’ai mis 2 nouvelles housses Kobo sur mon etsy et pour fêter ça, je lance un nouveau donne-au-loin avec une nouvelle fois une housse à gagner.
// Edit du 7 février : le donne-au-loin est fermé. Félicitations à Laurent ^o^/
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In order to celebrate new products on my etsy shop I’m giving away this marvellous matcha green Kobo/Kindle case.
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- Wait until Feb 6th midnight when I’ll close the giveaway and randomly pick up a name